Fabrication d'un mangonneau
Après avoir réalisé dernièrement une baliste je m'attaque à une arme de siège plus imposante : le trébuchet.

Je fabrique d'abord un premier prototype, dans le but de projeter un bouchon en liège à environ 80 cm de distance et 40 cm de hauteur maximum... en tout cas, jamais vers les fenêtres :-)
Je règle un a un divers problèmes, comme par exemple la longueur des ficelles, qui joue beaucoup sur la trajectoire du projectile.
Malgré le déplacement de l'axe, le contrepoids est beaucoup trop léger : je remplace le bloc de hêtre par une boite remplie de sable.
Déception : même avec un contrepoids plus lourd et articulé, sur le prototype suivant, la trajectoire du projectile reste très aléatoire...
En fait, c'est le jeu dans l'articulation qui me cause des soucis, car le contrepoids bouge légèrement, latéralement. Ce jeu s'ajoute à celui du pivot du balancier.
Je conserve le principe de de la boite remplie de sable, mais elle redevient fixe. Et pour minimiser le jeu dans le pivot du balancier, je remplace son axe en bois par une tige filetée insérée dans un tube métallique.
Avec ce nouveau prototype, la trajectoire des tirs est nettement plus régulière.
Comme le précise cet article de Wikipedia : "Le trébuchet est une variante du mangonneau en ce sens que son contrepoids, appelé aussi huche, est articulé".
D'accord, je rebaptise mon engin de siège : ce sera donc un mangonneau.
Je peux maintenant établir mon plan en taille réelle.
Comme les pièces en hêtre sont de taille réduite, j'utilise mon guide de rabotage.
Il y a au total 27 éléments. Les principales sections employées sont de 15x12 mm et 30x5 mm.
Suite aux soucis rencontrés avec les divers prototypes, je perce les axes sur la perceuse à colonne.
Les assemblages sont réalisés à mi-bois, à la scie à dos.
Ajustement avec ma mini guimbarde Stanley n271.
Le collage de la structure nécessite beaucoup de serre-joints !
J'assemble d'abord séparément les côtés :
Assemblage final :
Une fois la structure collée, je renforce les assemblages à mi-bois par des chevilles : 18 au total !
La boite en hêtre servant de contrepoids est remplie de sable, puis le couvercle est collé et cloué.
Détails de la fixation du contrepoids sur le balancier.
La partie supérieure est refermée pour l'esthétique, mais ne contient pas de sable.
L'axe est composé d'une tige filetée, avec à chaque extrémité un écrou et une petite rondelle, et au centre 3 sections de tube et 2 rondelles larges.
La section centrale de tube est insérée dans le balancier.
Avec les rondelles larges de chaque coté du balancier, ce dernier reste parfaitement dans son axe, ce qui garantit que les trajectoires des projectiles seront (presque, n'exagérons pas) identiques lors des tirs successifs.
Le projectile, un bouchon en liège, est logé dans un bout de chambre à air, relié au balancier par deux ficelles.
Une des ficelles est simplement fixée sur la potence.
L'autre est attachée à une rondelle métallique. Cette rondelle est enfilée sur un petit clou,(à la tête coupée) dépassant légèrement de l'extrémité du balancier.
Pour préparer un tir, le balancier est maintenu avec le contrepoids en l'air, grâce à une fine baguette qui passe dans le crochet installé sous le balancier.
Quand on ôte d'un coup sec la baguette, le balancier est libéré et bascule brutalement. La trajectoire elliptique du bouchon fait que la rondelle se détache du clou, et le projectile est libéré juste au bon moment : quand le projectile part en avant et au dessus du mangonneau.
Grosse déception lors des essais du mangonneau en hêtre : quasiment à chaque fois, le bouchon n'est pas éjecté vers l'avant, mais retombe... sur l'engin de siège !

Je compare avec le prototype les dimensions du morceau de chambre à air, la longueur des ficelles, les emplacements des accroches sur le balancier, je ne comprends pas du tout ce qui peut être différent...
Après un quart d'heure horrible, je fais une simulation de tir, en déplaçant doucement à la main le contrepoids, avec chacun des engins de siège.

Et je trouve enfin LA différence ! Sur le prototype, le projectile glisse sur le socle en bois puis se soulève.
Alors que sur le mangonneau en hêtre, le projectile glisse sur le sol mais bute sur une traverse (flèche rouge) avant de se soulever !
La solution a été vite trouvée et fabriquée : un coin pour créer une pente douce.
Avec cet élément collé dans la structure, les bouchons sont toujours éjectés selon la trajectoire voulue !
Cliquez sur la photo ci-dessous pour une petite vidéo.
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